29 novembre 2020

Rétablir le lien ou s’éteindre dans l’indifférence :

Le cas des MRE sans famille

Si les questions socio-sanitaires (prestations de service et aide à l’usager), gérontologiques (prévention médicale, prise en charge de la perte d’autonomie) ou administratives (protection sociale, retraites) sont de plus en plus prises en compte dans les préoccupations émergentes au sujet des citoyens marocains âgés de l’immigration ; il n’en est pas ainsi pour les thématiques sociales et particulièrement le risque de désaffiliation sociale dont l’une des causes directes est l’amenuisement des liens avec le Maroc ou la rupture du lien sous forme d’absence très longue sans retour à quelque titre que ce soit.

En effet si l’immigration est par essence un mouvement et signe de mobilité, aux grands âges de la vie cette mobilité s’estompe en raison de facteurs qui peuvent opérer de manière isolée ou dans une combinaison contraignante. C’est par exemple les questions de santé ou de dépendance associés à des facteurs financiers, administratifs ou encore la perte de lien ou de parenté dans le pays d’origine.

Il ressort de certains des diagnostics que nous avons réalisé auprès de cette population âgée dans l’immigration, la présence d’une population âgée au destin social très problématique à partir de ses conditions d’insertion urbaine, son statut social et ses conditions de vie très précaires.

Une grande majorité vit avec de faibles ressources et surtout ne dispose pas de ressources suffisantes qui permettent d’envisager des séjours réguliers au Maroc.

Dans d’autres situations ce sont les transformations des situations sociales comme la raréfaction de liens familiaux au Maroc ou l’absence de contact avec la parenté pour des raisons diverses qui viennent constituer un obstacle au retour.

Dans le cas des personnes concernées par des difficultés de santé particulièrement les questions de perte d’autonomie physique, les appréhensions sont multiples et sont relatives à l’inaccessibilité des régions d’origine, l’inadaptation des transports ou l’éloignement de centres de soins au besoin.

Il serait judicieux de commencer à porter un intérêt à ces aspects également. Un intérêt qui viendra s’ajouter aux actions restauratrices des gens dans leurs droits ou dans un mieux être socio-sanitaire.

Si les programmes et les actions menées en direction des jeunes, visent à nourrir leur identité et à établir un lien avec leur pays d’origine ou celui de leurs parents, les initiatives en direction des plus âgées particulièrement les gens les plus vulnérables, sont une réhabilitation des gens dans leur appartenance citoyenne et autant de signes de l’intérêt que leur pays d’origine accorde à leur vie, à leurs problèmes, à leurs difficultés diverses et à leur bien être social. C’est dès lors également qu’une fixation définitive au pays d’origine peut devenir une option réaliste ou réalisable.