La perception de la mort par les immigrés, surtout les plus âgés, n’a
été que très insuffisamment examinée. Elle reste réfractaire aux
paradigmes habituels utilisés dans la lecture de l’immigration.
aujourd’hui, on peut considérer que l’acharnement déployé pour rapatrier
un défunt immigré et lui procurer une sépulture sur sa terre natale
est une réponse à trois problématiques : en premier lieu, celle de l’intégration,
souvent présentée et vécue comme un cahier des charges
auquel l’immigré doit se soumettre et non comme l’instrument d’un
mieux vivre ensemble. En second lieu, celle d’une laïcité étriquée, qui
fait peu de cas des aspirations religieuses des immigrés. Enfin, celle
de la profondeur du lien qui continue à unir les immigrés à leur terre
d’origine et renseigne sur leur enracinement profond.

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