Dans le prolongement d’une réflexion déjà menée sur « Partir », nous avons voulu donner la parole à des personnes de l’immigration pour qu’elles nous disent aussi ce qu’elles ont laissé dernière elles dans des départs. Ce travail avait pour but de permettre aux personnes de s’approprier et surtout de pouvoir verbaliser leur nostalgie de l’ailleurs. Tout départ volontaire et réfléchi ou brutal et précipité, s’accompagne de charges nostalgiques. Ces traces sont partie prenante d’une « identité nouvelle » qui se forge ou se construit dans l’immigration et à plus forte raison lorsque celle-ci s’inscrit dans la durée. Il y a donc une relation intime entre immigration et nostalgie de l’ailleurs qui peut se révéler heureuse ou malheureuse en fonction de ce qui a été mis en œuvre pour en concilier les tonalités ou les exigences. La vie dans les situations migratoires gagne donc à se prémunir contre tout surinvestissement excessif de cette nostalgie qui risque de devenir paralysant et s’épargner l’illusion qu’elle peut être évacuée ou ignorée sans dommage.